Que veut dire habiter la ville ?

Dans la cuvette grenobloise, les élu·e·s ont trouvé la réponse : une ville où les gens résident, travaillent, consomment. Une ville morne, une smart-city toujours plus normalisée. Sous de faux airs de démocratie participative, d’écologie et de bienveillance citoyenne, la logique à l’œuvre est celle de l’aménagement et de la marchandisation du moindre espace, du contrôle de chaque activité.

Aujourd’hui, cette logique mortifère menace les endroits et les gens qui proposent de réellement habiter la ville, c’est-à-dire d’y créer de la pluralité, de la diversité, de la solidarité, de l’inattendu, de la beauté… bref, de la vie !

Ainsi, les aménageurs et leurs complices veulent expulser le Chantier, un lieu autogéré à Fontaine

rassemblant matériauthèque, cantine solidaire et potager, car ils aimeraient mieux le revendre au privé. Ils préfèrent laisser vide le Magasin des Horizons, plutôt que de faire confiance à la spontanéité d’un collectif d’artistes et d’habitant·e·s, mais surtout à de nouvelles façons de faire de l’art. Ils détruisent les jardins ouvriers de la Buisserate à Saint-Martin le Vinoux, puis veulent dégager les différentes associations et collectifs d’artistes du Peldis pour y construire des jardins bien rangés. Ils s’entêtent dans des projets de centres commerciaux démesurés à Neyrpic et Grand-Place, tout en faisant de grands discours sur la consommation responsable et l’écologie. Ils brandissent l’excuse de nouveaux logements sociaux pour rendre acceptable leur spéculation immobilière, mais aussi pour justifier l’absurde projet de transport par câble de Portes du Vercors. Ils dépensent des millions pour accueillir des ingénieurs en se targuant de construire des éco-quartiers à la pointe de l’innovation, et parallèlement, ils refusent de réquisitionner les 17000 logements vides pour héberger les mal-logé·e·s.

Face à toutes ces absurdités, le collectif LUCSE (Lutte pour un Usage Collectif et Solidaire des Espaces) s’est monté. Il regroupe des personnes déjà implantées dans des luttes ou pas, motivées par l’idée de défendre des lieux menacés, de décomposer les rouages de la grande et douloureuse machine urbanisante pour mieux l’enrayer, de tisser des liens entre les différents espaces en lutte et entre les gens qui veulent créer une autre manière d’habiter la ville. C’est avec ces préoccupations que le collectif a organisé, le 17 avril 2021, une vélorution contre l’urbanisation agressive. Ce sujet primordial a rassemblé des collectifs et personnes hétéroclites, désireuses de se réapproprier leur ville.

Cette dynamique renaissante, joyeusement puissante et pleine de possibles a renforcé la confiance en nos actions. Profitons-en pour la faire perdurer !

Pour marque-pages : Permaliens.

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